Fin de la semaine Asura - Des efforts conjoints

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En s’enfuyant de leurs cités souterraines, les Asuras démontrent, perpétuellement, le vieil adage « Difficulté est juste un synonyme d’opportunité ». De leurs débuts modestes au sein des ruines de la Côte Ternie, les Asuras ont pris de l’importance. Leurs portails magiques relient les plus grandes cités de Tyrie, et leur intelligence fait d’eux des alliés respectables – ou des ennemis à craindre.

Dans les profondeurs, au sein même des fondements de la Tyrie, une bataille faisait rage.
Un impact fit trembler le passage étroit, envoyant une pluie de terre et de graviers s’éparpiller sur le sol cahoteux. Un bruit strident et aigu emplit le couloir, détachant encore plus de poussière à chaque crissement crispant. En aplatissant ses oreilles le long de son cou, Dlixx traversait les débris avec son éthériseur bicristallin à portée de main.
« Je sais que tu arrives, Dlixx », cria une voix au devant, à peine audible dans le vacarme. « Je suis un ingénieur sonographe ! Tu pensais que je ne t’entendrais pas ? Ha ! »
Dlixx vit l’onde arriver avant qu’elle ne l’atteigne – un frémissement de l’air trahissant le raz de marée sonore. Il bondit derrière un rocher, mais l’attaque le toucha alors même qu’il plongeait à l’abri. En émettant une terrible cacophonie hurlante et gémissante, l’onde sonore le fit tournebouler jusqu’à ce qu’il heurte la paroi de la caverne. « Waouch ! » grogna-t-il, mais son grognement se perdit dans le vacarme.
« Tu vois ça ? » cria à nouveau la voix. « Rien ne peux franchir mon sonopathe ! Celui qui le porte y est immunisé, et les Skritts ont des oreilles sensibles ! Tu m’entends ? SENSIBLES… »
Dlixx roula dans le passage, éthériseur levé, rayon concentré et prêt à faire feu. La boule de cristal à son extrémité s’embrasa d’une étrange lueur rose, et un rayon de lumière partit vers le bout du couloir.
« …TENDS…oooh… des oreilles… ooooumpf… » La voix s’éteignit, et suivit alors le choc d’un corps inconscient heurtant le sol.
Saisissant l’opportunité, Dlixx rengaina l’éthériseur dans sa ceinture et se rua en avant. Sautant par-dessus une barricade faite de pierres, de débris et de meubles brisés, il atterrit délicatement au-dessus d’une femme asura tressautant toujours suite aux effets du rayon éthériseur. Pendu à son dos se trouvait un générateur de son à moitié enfoncé, recréé à partir de pièces d’un appareil draguerre.
« Si je n’avais pas eu des bouchons d’oreilles, cette chose m’aurait tué. Pas mal, Poizi ». Dlixx tendit la main et retira la clé d’abjuration du générateur de sons, le désactivant. Il prit le temps de souffler sur la clé cuivrée et de l’essuyer sur sa manche alors que la machine s’éteignait. Quand le son mourut, il retira ses bouchons d’oreilles et sourit. « Mais pas assez bien ». Il brisa la clé d’abjuration en deux et regarda curieusement à l’intérieur.
« Non… », réussit à répliquer Poizi, sa voix tremblant encore des contrecoups de l’éthérisation. « Mon sonopathe me sortira de là. Je ne veux pas mourir… »
« Je ne prends pas ton gadget ». Dlixx enfonça la clé d’abjuration dans la poche de Poizi. « Je suis venu prendre autre chose». Délicatement, Dlixx se baissa et lui enleva sa chaussure gauche. Précautionneusement, il la rangea dans son sac. S’arrêtant pour regarder Poizi, il se baissa une deuxième fois et prit aussi la longue écharpe qu’elle portait autour du cou. « Ça aussi, je pense… » murmura Dlixx.
« Pourquoi ne pouvais-tu pas me laisser tranquille ? » gémit Poizi, ses yeux trahissant un agacement semi-conscient. « Va-t-en ! ».
Dlixx se releva, resserrant son manteau autour de lui. « Tu es un membre de ma coterie, Poizi », cracha-t-il. « Tu t’attendais à ce que je l’oublie ? » La congédiant d’un reniflement, il se tourna, prit une nouvelle fois son éhtériseur bicristallin en main, et disparut dans les méandres sombres des entrailles de la terre.

Primordius

La venue du Grand Destructeur, le héraut du Dragon Ancestral Primordius, a peut-être marqué la surface du monde, mais elle fit bien plus de dégâts dans les profondeurs. Bien qu’un groupe de héros nains ait vaincu le héraut et retardé l’éveil du Dragon Ancestral, ses destructeurs restèrent, et ils causèrent des dommages colossaux. Les nains, répondant à un commandement ancien, ont exécuté le rituel du Grand Nain et se sont changés en pierre pour combattre leur ennemi de toujours. Cependant, ils n’étaient pas les seuls à s’opposer aux destructeurs dans les profondes cavernes sous terre.
Avant l’avènement des destructeurs, les Asuras étaient la race prédominante des profondeurs de Tyrie. Ils imposaient leur statut à tous, et combattaient principalement les Skritts, créatures qu’ils considéraient, et considèrent toujours, comme des nuisibles hideux et dangereux. Les destructeurs furent le premier ennemi depuis des générations à ne pas se plier rapidement aux actions combinées de l’intelligence et des pouvoirs magiques des Asuras. Leur Conseil des Arcanes pensait que ce n’était qu’une question de temps avant que les destructeurs ne soient anéantis par l’habileté et la perspicacité des Asuras.
C’est l’orgueil qui causa le déclin de leur civilisation troglodyte ; des milliers d’années à bâtir, mais seulement quelques instants pour disparaître lors de l’éveil du pouvoir du Dragon Ancestral.

Cave

Toujours est-il que la défaite du Grand Destructeur n’a pas empêché, à terme, l’éveil du Dragon Ancestral, mais l’a juste retardé. Environ cinquante ans après que son héraut fut défait, Primorduis s’éveilla – cette fois, pour de bon. Ses sbires s’étendent maintenant dans toutes les Profondeurs, provoquant l’extinction de nombreuses races troglodytes dont le nom n’apparaît plus que dans les archives et les histoires asuras. Les races ayant survécu aux batailles incessantes furent contraintes d’abandonner leur cités enfouies et de les reconstruire plus près de la surface. Ils se regroupèrent et recréèrent leur culture dans ce monde nouveau, fondant la cité de Rata Sum.

Le conseil des arcanes

Asura Workshop

Depuis des temps immémoriaux, les Asuras étaient des bâtisseurs et des inventeurs, utilisant la magie là où les autres races n’utilisaient que de simples outils. Bien que n’étant pas une race aussi ancienne que celle des nains, ils étaient bien plus actifs, passant leur temps à inventer, expérimenter et disséquer la magie même. D’après les données des plus anciens archivistes de leur race, il y avait au moins six cités aussi grandes et somptueuses que Rata Sum dans les territoires dominés par les Asuras sous la surface, bien qu’aucune n’ait survécu jusqu’aux temps modernes. Alors que les autres races insistent sur le fait que les légendes de capitales si massives, comme Quora Sum, sont tirées par les cheveux et exagérées, les Asuras répondent placidement que les autres races sont simplement trop ternes pour appréhender leur grandeur perdue.
Les Asuras sont dirigés par le Conseil des Arcanes, un état-major qu’on dit composé des plus brillants cerveaux de la nation. Malheureusement, la réalité de la situation est que les Asuras sont bien plus intéressés pour être des inventeurs que des bureaucrates, et le Conseil des Arcanes est bien souvent composé des ceux qui couraient le moins vite quand un poste à pourvoir était annoncé. Le Conseil des Arcanes actuel siège dans la cité de Rata Sum, et est dirigé par le Haut Conseiller Flax. Dans son cabinet siègent de prestigieux inventeurs, de renommés diplomates, et les doyens de chacun des trois universités asuras.
Tous les Asuras commencent comme apprentis dans le laboratoire de leurs parents, les assistant sur des projets divers dès l’instant où ils tiennent debout (ou appuyés sur un transmogriffeur cristallin). Quand ils arrivent à l’âge auquel ils se querellent plus avec leurs parents qu’ils ne les aident (donc généralement assez jeunes), ils partent en apprentissage chez un maître asura au sein de l’une des trois universités. Ce maître est responsable de l’éducation de l’étudiant jusqu’à ce qu’il soit diplômé et rejoigne sa propre coterie. De par ce traditionnel système d’apprentissage, les adolescents asuras reçoivent une éducation bien huilée, et leurs conseillers un interne gratuit (bien que pas toujours compétent). Même après avoir terminé leur internat, les Asuras restent très loyaux à leur université d’origine, clamant souvent que ses théories magiques sont le fondement de celles des deux autres.

Coteries

Le système culturel des Asuras est à la fois très organisé et extrêmement flexible. Leur société est constituée d’individus qui s’associent pour accomplir de grandes choses. C’est leur système de coterie : une idée naît, et le guide rassemble (ou embauche) les plus utiles à l’accomplissement du projet. Une coterie asura est habituellement transitoire ; elle dure aussi longtemps que le projet le nécessite, et se désagrège une fois qu’elle a fini la tâche qu’elle devait accomplir. Ces coteries restent généralement en contact, se formant et se reformant avec des individus connus et respectés, en évitant ceux avec qui ils ne s’entendent pas ou qu’ils trouvent incompétents.
Parce que les Asuras sont jugés sur leur réputation et leur habilité technique, ils choisissent généralement une spécialité au cours de leur cursus universitaire. Un Asura cherchera à être connu comme une sommité sur ce sujet, dans l’espoir d’obtenir un poste dans les coteries les plus à la pointe, réalisant des tâches plus grandes et plus ardues.

La terre grondait et tremblait, se déplaçant, s’enroulant en spirales de pierres de plus en plus grandes. Derrière son perceterre gyroscopique, Nimm poussait et râlait, bataillant pour enfoncer l’instrument plus rapidement dans le mur. Il était plus grand que lui, s’enroulant en un point sur le devant, et plat à l’arrière, telle la griffe stylisée d’une quelconque bête géante – ou comme cette dent immense que ces idiots de Norns vénèrent dans les Cimefroides. Nimm serra les dents, appuyant de toute ses forces alors que l’outil d’excavation conique roulait, tanguait et faisait son office.
A chaque coup, le perceterre s’enfonçait plus profondément et Nimm rampait derrière, sans se soucier que le passage dans son sillage était à moitié colmaté par les débris. Cela le protégerait de tout ce qui pourrait se glisser dans son dos. Quelle idée géniale ! Haro sur tous les autres, ces idiots de la coterie aux rouages maudits. Il allait s’évader.
Un tremblement parcourut le sol, secouant Nimm à tel point que sa trajectoire dévia de trois degrés vers le sud. Il pesta et éteignit rapidement le perceterre pour vérification. Avait-il trop forcé sur les soudures ? Noyé l’arcanorloge ? Rien. Peut-être que le problème venait du stabilisateur talismaniaque…
Une autre secousse. Celle-là n’était certainement pas causée par sa machine. Nimm releva ses lunettes de protection sur le front, écoutant attentivement, ses yeux noirs formant une fente sur la seule bande de peau propre de son visage. « C’est le sonopathe débile de Poizi » supposa-t-il. « L’idiote. Elle ne fait qu’attirer l’attention. Il vaut mieux se faufiler sans se faire remarquer. »
Rallumant le perceterre, Nimm ajusta ses épaules sur le harnais arrière et poussa de toutes ses forces. Dans un intense effort, il fit traverser au perceterre la dernière couche de roche. Alors que la pierre cédait et se désagrégeait, Nimm poussa un cri de joie – qui se transforma en cri d’effroi alors que roche, perceterre et le reste basculèrent en avant dans un mouvement sans fin.
« Non ! » cria-t-il, attrapant les poignées à l’arrière de la machine. « Une caverne ! Mes calculs doivent être faux – je devrais être encore dans de la pierre pyromorphiiiiiiiiiique ! ». Le bruit d’éboulis enfla au niveau de l’ouverture alors que le sol s’effritait sous lui, menaçant de s’effondrer complètement. Obligé de lâcher les poignées pour sauver sa vie, Nimm recula précipitamment – mais se retrouva rapidement piégé par les débris qu’il avait laissés dans son sillage. D’épaisses fissures sapèrent le fondement du tunnel, et Nimm vit son destin s’étaler devant lui – un tapis de milliers de Skritts, et chacun des petits monstres levait les yeux vers le nouveau trou dans le mur de sa cité. De l’autre côté de la caverne, Nimm pouvait voir la lueur du jour. Une issue !
Mais il n’y arriverait jamais – même s’il ne chutait pas vers sa perte, il y avait facilement un millier d’hommes-rats sur le chemin.
La pierre craqua et gémit. Alors même que les derniers éclats de pierre qui le retenaient s’effondraient, une corde – non, une écharpe – se déroula pour pendre en l’air à côté de lui. « Poizi », s’écria Nimm, s’y accrochant avec joie. Il s’agrippait désespérément à ce mince filet d’espoir quand le perceterre bascula pour aller s’éclater sur le sol de la grotte des Skritts.
« Poizi ! » Nimm escalada l’écharpe jusqu’à une corniche plus haut dans le mur. Passant le rebord, il se retrouva face à l’Asura avec jubilation. « Tu m’as sauvé ! Je savais qu’être de la même coterie voulait encore dire quelque chose pour toi, Poizi… » Dans un hoquet, Nimm s’immobilisa. « Toi ! »
Dlixx sourit, relevant l’éthériseur bicristallin. Si je te tire dessus avec ça, tu basculeras vers nos vicieux petits amis. Tu sais combien ils sont malins quand ils sont tous attroupés comme cela – et il n’y en a jamais eu autant assemblés qu’il n’y en a à Skrittbourg, je parie. »
Lentement, Nimm leva les mains en signe de soumission. « Maître Boikk ne savait pas ce qu’il faisait, en descendant ici. Nous n’avons pas à finir comme lui ! »
« Je crains que si. Maintenant, donne-moi ta chaussure, et je m’en irai ».
Déglutissant, Nimm fit non de la tête. « Je ne t’aiderai pas. Quoi que tu sois en train de faire, tu ne t’en sortiras pas, Dlixx. L’un d’entre nous réussira à atteindre la surface. »
« L’un d’entre nous l’a déjà fait ». Sur ces mots, Dlixx appuya sur la détente, et la boule de cristal s’illumina. Le corps de Nimm se contracta, cambré – mais au dernier moment Dlixx agrippa l’autre Asura par la ceinture et le tira loin du précipice. En dessous, un millier d’yeux brillants luirent vicieusement dans l’ombre, et mille sifflements se répercutèrent sur les parois.
Appuyant le corps inconscient de Nimm sur la paroi de la caverne, Dlixx retira la chaussure gauche de Nimm et la mit dans sa sacoche avec celle qu’il avait prise à Poizi. « Plus qu’un membre de la coterie », murmura-t-il, validant un témoin lumineux sur son brassard. « Pas de temps à perdre. »

L’université de la Statique

Les Asuras qui intègrent l’université de la Statique sont des bâtisseurs, et ce qu’ils construisent est fait pour durer. Leurs spécialités sont les structures permanentes et les projets à grande échelle. Ces Asuras ont tendance à être de nature plus conservatrice et prudente ; leur credo est « mesure deux fois, coupe une fois, puis mesure encore ». Ils sont réfléchis et analytiques, et aiment la recherche autant que les applications concrètes. Parmi les plus grands diplômés de cette université on compte les inventeurs des pierres de lévitation magicomagnétiques que les Asuras utilisent comme alimentation énergétique pour des structures plus importantes. Ils parlent de leur université comme d’une entité physique, un assemblage vivant de pierres, une structure à laquelle le travail des pairs tout comme celui des étudiants ajoute ou retire perpétuellement des sections. Ces Asuras réalisent des golems constructeurs, des excavatrices, ou tout autre mécanisme physique. Ils sont à la base de l’Alchimie Eternelle, les solides fondations des piliers, étais et axes sur lesquels les engrenages tournent.
Réalisation de l’université de la Statique : relais positionnels, aligneurs quasi-enchantés, télescopes théosophiques, incantations de métanalyse, bracelets d’incantation croisée, contreforts de lévitation.

Zojja

L’université de la Dynamique

Les Asuras de l’université de la Dynamique sont plus connus comme des ingénieurs. Maîtres dans la résolution rapide et innovante des problèmes. Ils créent des objets qui ne dure que le temps nécessaire pour réaliser la prochaine avancée. Ils sont énergiques, enthousiastes et impulsifs, avec une tendance à se lancer dans des projets avant de réfléchir aux possibles conséquences. Ils aiment comprendre comment les autres races fonctionnent pour s’approprier et améliorer leurs théories magiques pour leur propre intérêt. Une expérience n’est un échec que si tu n’en apprends rien, disent leurs conseillers. Quand un des membres de la Dynamique parle de son université, il parle de la nature du travail, d’expériences, et de pensées qui forment une image mentale des réalisations de l’université – toutes les innovations dont ils ont fait profiter le monde. Au sein de l’Alchimie Eternelle, on parle le plus souvent d’eux comme les engrenages clés et les principaux ressorts de l’univers.
Réalisations de l’université de la Dynamique : améliorateurs canoptiques, attaches lunographiques, clés d’abjuration, énigmaticones, jauge de pression karmique, creusets à sorts cinétiques, armatures magiphysiques.

Université de la Synergétique

Au sein du collège de la Synergétique, les Asuras ne pensent qu’à modeler l’énergie et établir des connections. Vous pouvez y trouver les artisans les plus mystiques, ceux qui étudient la structure brute de la magie elle-même et dédaignent la solidité du monde réel. Ils sont le plus souvent d’inclinaison philosophique, et ont l’habitude de se charger des théories politiques et sociales. Ces Asuras s’intéressent à comment se forment les modèles, comment les erreurs se propagent, et comment le chaos forme des systèmes rationnels. Malheureusement, cette étude acharnée de la psychologie les rend aussi plus cachotiers– même entre eux – puisqu’ils croient savoir comment fonctionnent les pensées des autres… Et ces pensées visent à leur nuire ! Même les plus grands pairs de cette université peuvent avoir tendance à être peu clairvoyants, discutant de plans éthérés et conduisant des raisonnements psychologiques sans réellement sortir de leur laboratoire pour tester leurs théories. Quand un membre de l’université en parle, il parle des structures sociales qu’ils ont établies au cours de leur tutorat, leurs liens, et leur corps d’Asuras se considérant comme un rassemblement d’esprits semblables.
Réalisations de l’Université des Synergétiques : quantagrammes, matrices de sort bipolaires, vertex des conjurations, essais prestimystiques, baguettes de contrôle mojonique, boucles d’enchantement auto-régulées.

Tic… Tic… Tic…
Volla s’agenouilla près de la distillerie hydrocadabrante sphérique, rejetant ses longues tresses sinueuses en arrière alors qu’elle pianotait les cadrans et réinitialisait les transverseurs d’aura. Elle fredonnait, son corps se balançant d’avant en arrière alors qu’elle vérifiait et re-vérifiait chacun avec la télécommande en main pour être sûr que tout était parfait.
La main de Dlixx se serra sur la poignée de son éthorisateur bicristallin. La bombe était assemblée, armée, et elle avait utilisé bien assez de pyrétiques cristallines pour niveler la couche entière, mais il avait de la chance.
Elle avait laissé ses bottes sur la table près de la porte.
« Dix, dix… Non, non ! Celle-là monte à onze ! Voilà. » Elle sourit, dévoilant des rangées de dents acérées.
« Hé bien, Volla », appela Dlixx depuis l’ouverture masquée dans le sol de la caverne enfouie, sur un ton à la douceur surfaite. « Lève-toi doucement. Recule, face à moi, et garde tes mains en l’air. » Elle se retourna, bien trop rapidement pour qu’il se considère hors de danger. Dlixx grimaça. La distillerie risquait d’exploser, par l’Alchimie !
« Dlixx », grinça-t-elle avec plaisir, rangeant la télécommande dans sa veste. « Je te croyais mort comme ce vieux… euh… Machinchose. »
« Maître Boikk », précisa-t-il de façon sinistre. « Non, Boikk va bien. Il a utilisé un transporteur personnel au moment où on a débouché dans la cité skritt. »
« Transporteur personnel ? » rêvassa Volla, se balançant d’avant en arrière sur ses pieds. Ses tresses sinueuses ondulaient doucement autour de ses oreilles bien faites. « C’est une création de Snaff, n’est-ce pas ? Humpf. Boikk s’approprie toujours les idées des autres. » Elle leva une main et se caressa doucement les cheveux, laissant le bout de ses doigts appuyer doucement sur son adorable grand front…
« Tu contemples un trésor, Dlixx ! » grogna-t-il pour lui-même, essayant de ne pas lui montrait qu’il la fixait.
Trop tard. Volla fit un clin d’œil.
« Allons, Dlixx. Tu sais très bien que c’est chacun pour soi ici-bas. » Elle fit un pas en avant conquérant, et il pouvait sentir l’odeur enivrante du carburant et de l’ozone moléculaire. « Je peux t’emmener avec moi, si tu veux. Nous étions de la même coterie après tout. ».
Il secoua pour rompre le charme, et leva son éthorisateur , avec un nouveau claquement. « Nous étions. Mais si je te laisse déclencher cette distillerie, nous serons de la même coterie morte. »
« Allez. Monte dessus avec moi. J’ai mis en place une cage de protection. ». Elle fit un autre pas en avant, ses yeux scintillant d’un millier d’équations mathématiques complexes. « Une bulle de force nous entourera, la distillerie explosera, et nous serons propulsés à la surface sans un accroc à ta grande… » un autre pas … « boîte à outils… » encore un, et maintenant ses lèvres se trouvaient à quelques centimètres de celles de Dlixx… « cosmonétique. »
D’un mouvement vif, Volla lui arracha l’éthorisateur des mains et recula. « Idiot ! » clama-t-elle victorieusement. « J’ai gagné. »
« Il n’y a de la place que pour un dans ta cage de protection, n’est-ce pas Volla ? » demanda tristement Dlixx alors qu’elle reculait, en pointant toujours l’arme sur son visage. « Tu n’as même jamais pensé à emmener quiconque avec toi. Quand tu feras exploser la distillerie, cela va provoquer l’effondrement des cavernes. Si les skritts ne nous tuent pas, ta bombe le fera. »
« Comme si j’en avais quelque chose à faire ! » lança-t-elle. « C’est moi le génie ici. Moi, pas toi, et pas les autres débiles. Quand j’arriverai à Rata Sum, je leur raconterai que toi et les autres êtes morts bravement quand on a découvert cette infestation massive, et je prendrai soin d’expliquer à Maître Boikk que c’est dans son intérêt de me laisser le crédit – ou je ruinerai sa vie d’esprit flétri pour n’avoir pas réalisé que les rats étaient déjà là. » Tenant toujours l’éthorisateur, elle eut un rictus et sauta dans la cage comme si elle se tenait sur le toit du monde.
« Maintenant, tout ce qu’il me reste à faire c’est d’appuyer sur la télécommande… » Volla cherchait dans sa veste.
« Cette télécommande ? » dit Dlixx en la levant.
« Toi ! » Elle leva l’éthorisateur et tira – et une adorable brume de vapeur parfumée à la lavande en sortit, parfumant la pièce. « Rends-moi ça ! Je ne peux pas faire exploser la distillerie sans elle ! » se plaignit-elle.
Alors que la fumée odorante emplissait la pièce, Dlixx cria « Tu n’as jamais su faire la différence entre un éthorisateur bicristallin et un éthériseur bicristallin, Volla ! » Profitant de la brume et de la distance les séparant, Dlixx attrapa une des bottes de Volla sur la table et sauta par l’ouverture, s’enfuyant dans les cavernes sous-jascentes.

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L’Enqueste

N’étant pas réellement une université, l’Enqueste est en fait la plus grande coterie de la culture asura. C’est une organisation relativement récente.
Alors que l’éducation asura traditionnelle passe par un apprentissage dans l’une des trois universités, l’Enqueste a mis en place un système d’entrainement corporatiste organisé comme une série de tests d’aptitude progressifs. Quand un Asura réussit une épreuve, on lui soumet immédiatement la prochaine, et son accréditation au sein de l’Enqueste est élevée en conséquence. Cela provoque son lot de tricherie, bien entendu – à la fois pour et contre les prétendants.
Un Asura n’est jamais diplômé par l’Enqueste, comme ils le sont dans les autres universités. Quand vous rejoignez cette mégacoterie, vous êtes membre à vie… même si les autres membres de l’Enqueste ont intérêt à faire en sorte qu’elle soit la plus courte possible. On donne à un aspirant une tâche de coterie, et on attend d’eux qu’ils y travaillent qu’ils perçoivent ou non l’intérêt et la place de cette tâche dans le grand projet. Ils sacrifient leurs propres désirs pour le plus grand bien de l’ensemble des savoirs de l’Enqueste, qu’ils soient d’accord ou non.
L’Enqueste rassemble les forces des disciplines des diverses universités, mais ils ne se servent que de ce dont ils ont besoin, négligeant la compréhension poussée des aspects théoriques pour obtenir un retour sur investissement rapide et profitable. Ils sont plus que volontaires pour épuiser les jeunes recrues, les dégoûtant de leur travail, plutôt que passer du temps au repos – une perte de temps dont on ne peut tirer aucun bénéfice.
Contrairement aux trois universités asuras, qui jubilent en présentant leurs dernières découvertes (ne serait-ce que pour se les envoyer dans la figure), l’Enqueste ne fait pas part de ses informations hors du cercle de l’Enqueste. En fait, il leur arrive même de saboter les recherches prometteuses des universités sur des champs qu’ils considèrent comme leur propriété.
Là où les universités considèrent le pouvoir comme un outil utile dans la compréhension de l’Alchimie Eternelle, l’Enqueste le voit comme un but à atteindre. Les fondateurs de l’Enqueste ont estimé la quantité d’information perdue lors de l’anéantissement de Quora Sum par les destructeurs, et ont considéré une telle perte d’information comme un frein à leurs ambitions. Ils cherchent à regrouper les informations dans leur pure forme, et ils ne s’arrêteront que lorsqu’ils auront acquis la somme de toutes les connaissances. En effet, le but ultime des recherches de l’Enqueste est de réussir à prendre le contrôle de l’Alchimie Eternelle, et par là même de toute la Tyrie.


Asura et Golem


Dlixx s’accroupit à la base du golem, insérant doucement chaque chaussure dans l’aire canoptique d’analyses non-invasives. Quatre chaussures en tout, une par membre de sa coterie suivie de l’une des siennes, glissèrent le long du gosier du majestueux – bien que mal dégrossi – défenseur de pierre.
« Trai-te-ment », pépia le golem, sa voix s’élevant, brut et éraillée, du centre du cristal luisant. « Trai-te-ment ».
« Bien re-çu. Cibles vé-rou¬illées. »
Dlixx se leva et tapota le golem avec un large sourire, grimaçant légèrement quand sa tape affectueuse causa la chute d’un morceau de pierre. Il le rattacha rapidement. « Viens, BeMM. Il est temps de montrer ce que tu sais faire », dit Dlixx. Le golem s’avançait, son arsenal massif luisant dans la pénombre des souterrains.
Au moment où ils firent irruption dans la caverne principale des Skritts, c’était déjà la foire d’empoigne. Les cristaux du golem d’assaut clignotaient et scintillaient, des éclairs fusant dans toutes les directions. C’était une folie destructrice faite d’explosions, hors de contrôle et aucunement atténuée par des choses idiotes telles que viser ou économiser l’énergie.
Sur la corniche au-dessus, Poizi et Nimm crièrent. Des éclairs les traversèrent, les heurtant de plein fouet, mais alors qu’ils renversaient des Skritts fumants et tressautant, les deux Asuras ne subirent aucun dommage. « Qu’est-ce qu’il se passe », hurla Nimm, ajustant ses lunettes de protection. « Comment fait-il ça ? »
Poizi montra du doigt l’accès où Dlixx et BeMM se tenaient. Les bras du golem d’assaut tournaient rapidement alors que des rayons se propageaient à travers la foule de Skritts. « On s’en fout ! Cours ! ». Utilisant l’écharpe pour descendre jusqu’au sol de la caverne, Poizi et Nimm s’enfuirent en contournant le peuple rat terrifié et tremblotant. En quelques instants, Dlixx put les voir escalader la paroi opposée pour rejoindre la lumière du soleil à travers l’ouverture.
« C’est donc pour ça que tu avais besoin des chaussures », murmura Volla derrière lui. Sa voix envoya des frissons le long de sa colonne vertébrale, plus intensément encore que les plaintes et hurlements des hommes-rats. « Elles contiennent notre sueur. Tu as utilisé cet élément, faisant partie de nous, pour régler les rayons du golem afin qu’ils ne nous blessent pas. Ingénieux. »
Dlixx la regarda, mais ne répondit pas, un sourire charmeur retroussant ses lèvres.
« Tu aurais pu partir n’importe quand, » poursuivit-elle, se rapprochant alors que des rayons rosâtres emplissaient l’air autour d’eux. « Pourquoi ? Pourquoi nous aider ? Parce que nous faisions tous partie de la coterie de Maître Boikk ? »
« On fait partie d’une coterie tant que le travail n’est pas terminé. Le travail, c’était de descendre ici, mesurer la puissance de résonnance magique, et de rentrer. Nous ne sommes pas rentrés. » dit Dlixx, haussant les épaules. « La coterie, c’est la coterie. »
« C’était ta seule raison ? »
« Ca… » admit-il, « et le fait que maintenant, chacun d’entre vous sera obligé de louer l’Asura dont l’invention vous a sauvé la vie. » Il pouffa, faisant tourner son éthériseur bicristallin au bout d’un doigt de façon experte. « Dlixx, inventeur de la meilleure Tapette à Rats, le Golem d’Assaut aux Dégâts de Masse, diplômé de l’Université de la Dynamique, et fléau de tous les Skritts. »
« Moi. »

Wetlands Asura Ruins